Histoires d’arbres

Les arbres occupent une place prépondérante dans mes aquarelles . Je les trouve fascinants. On pourrait les penser OLYMPUS DIGITAL CAMERAprisonniers de leur immobilité quand nous sommes si fiers de nous déplacer de plus en plus vite et de plus en plus loin. Et pourtant, pendant que nous nous épuisons à courir partout, ils savent depuis des millénaires aller puiser dans le coeur de la terre et dans le bleu de l’azur une force qui les maintient debout, simplement ( bon d’accord, le roseau, lui, plie mais ne rompt point…). Et au-delà de cette force tranquille qui les caractérise, je ne peux m’empêcher de penser à toutes les histoires dont ils sont les témoins silencieux. Ah si les arbres pouvaient parler …
 

Aquarelle – Histoires d’arbres – 09/2014 – 37x23cm ( hors encadremt) – Canson Montval – grain fin – 300g/m2

Cheminement

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAquarelle – Cheminement – 09.2014 – 40×31 cm (hors encadremt) – Canson Montval – grain fin – 300 g

Les pensées vont et viennent dans la tête en un flot continue, s’enchevêtrant les unes dans les autres à la manière d’un buisson inextricable de ronces. Telles des fourmis besogneuses, elles s’agitent en tout sens, cherchent, analysent, dissèquent, soupèsent, interprètent. Tout leur est bon, le moindre petit événement qui passe par là est immédiatement pris au piège.
Alors que rien ne semble pouvoir arrêter leur épuisant trafic, il y a pourtant de ces moments là, où les choses s’ordonnent tout d’un coup. Oui, ces moments là où l’on marche et où, pas après pas, le calme enfin s’installe. Et là seulement, on peut voir le spectacle de la lumière diaphane qui danse entre les arbres.

 

 

Plein feu

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Aquarelle – Plein feu – 09.2014 – 31×40 cm – Canson Montval -grain fin – 300g/m2

Plein feu sur feuillage en feu à l’heure où le soleil commence à décliner … une heure qui se fait de plus en plus tôt, même si l’été traîne encore, même si je ne suis pas si pressée que cela de le voir s’en aller. Mais les noisettes au sol, les dernières mûres dans les haies, me chuchotent que l’automne est en route, imperceptiblement, inexorablement . Et comme chaque année, je me demande, impatiente, à quoi il va ressembler … préfèrera t-il les belles journées ensoleillées  à la grisaille et au vent mauvais ? me laissera t-il le temps de m’étourdir de sa rousseur et me délecter de ses parfums ?

 

 

Lumière d’un soir

… lumière d’un soir ou d’une fin d’après-midi, quand le soleil s’en va se perdre à l’ouest. De ses rayons, il vient frapper le tronc des arbres et enflammer leur feuillage. J’aime ce moment qui intensifie les couleurs et les contrastes, spectacle mille fois rejoué et pourtant jamais tout à fait le même.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAquarelle – Lumière d’un soir – 08/2014 – 27×41 cm ( hors encadrement)- Arches grain fin- 300g/m2

 

Moisson d’été 2

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAquarelles-Moisson d’été 2 – 07/2014-08/2014-chaque aquarelle 118x26cm sans encadrement-Arches satiné – 300g/m2 – cliquer sur la photo pour l’agrandir.

Je ne sais pas comment est votre été, le mien est détrempé. C’est le comble pour une aquarelliste …cela ne m’empêche pas de poursuivre mon moissonnage fantaisiste … quand je me promène, je finis par voir des aquarelles partout. Mes yeux capturent constamment des images, aidés par mon appareil photo qui me quitte rarement ( précieux pour ma petite mémoire) et surtout guidés par l’émotion, ou l’enthousiasme, ou un coup de coeur , enfin je ne sais pas trop, quelque chose qui n’est pas de l’ordre du rationnel en tout cas. Puis des mécanismes ( vous savez, le genre de rouages compliqués mais merveilleusement beaux qu’on trouve dans le ventre des vieilles horloges) se mettent en place et sans attendre, je peins dans ma tête.

 

Luxuriante éclaircie

 

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Il y a des  moments comme ça où, dépitée, je crois ne plus rien voir, ne plus rien sentir ; un de ces moments grisâtres où, bredouille, je finis par rebrousser chemin. Et puis il y a des moments comme ça où le gentil génie qui veille sur mes pinceaux envoie tout d’un coup sur mon chemin, la plus belle lumière qui soit. Elle s’attarde autour de moi, se faufile entre les feuilles, s’enroule le long des tiges et dans ma tête de nouveau en fête, j’entends alors une petite voix fragile et légère qui semble me murmurer : regarde comme c’est simple et beau !!!

Aquarelle – Luxuriante éclaircie – 05/2014 – 50x40cm – Arches grain fin

 

 

 

 

Vers la lumière

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Aquarelle – 02.0214 – 02/2014 – 29 x 39 cm – Montval – grain fin – 300 g / m2 – Cliquer sur la photo pour l’agrandir.

Le chemin conduisant à la forêt qui borde ma maison s’enfonce un peu dans la terre , à l’abri des regards . Il est bordé de chaque côté par un talus où se battent sans répit lierre, ronces, racines , chacun profitant sans retenue du moindre petit espace libre pour proliférer. Quand l’obscurité de la nuit s’en mêle , cela donne à l’ensemble un aspect mystérieux , parfois peu hospitalier. Même le soleil matinal semble peiner à se frayer un passage . Mais quand il se décide à coloniser lui aussi cet espace, il ne fait pas les choses à moitié . Ses rayons viennent frapper avec force les arbres et les feuillages qu’il enflamme, jusqu’à ce que les dernières ombres de la nuit finissent par se dissiper. Impossible de résister à cette lumière captivante vers laquelle je finis toujours par aller.