Ombres chinoises

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Aquarelle – 05/2013 – 31×40 cm – Canson Montval – grain fin – 300g

Il m’arrive souvent de dĂ©ambuler jusqu’aux abords de la forĂȘt , lorsque vient le crĂ©puscule. J’adore me faufiler entre les grands  sapins , Ă©carter doucement des pieds les herbes sauvages, sans perdre la plus petite miette du spectacle fĂ©Ă©rique et colorĂ© qui se joue tout lĂ -haut, au-dessus de ma tĂȘte. Dans la quiĂ©tude du soir qui se rĂ©pand sur tout ce qui m’entoure, je joue un peu les troubles-fĂȘtes , pestant bruyamment  aprĂšs les chardons qui ne manquent jamais de me surprendre . Allez savoir pourquoi, il y en a toujours un qui rĂ©ussit Ă  m’agripper la jambe ou Ă  se glisser entre mes orteils.
 
Et bien oui,  
on rĂȘvasse  
et on oublie
ses godasses.

Parfois aussi , je sursaute au bruit soudain d’un oiseau qui s’envole  d’un battement d’ailes vigoureux . Il s’éloigne en poussant  des petits cris , me laissant honteusement pĂ©trifiĂ©e sur place . Car c’est le cƓur battant que je songe au rapace prĂȘt Ă  s’abattre sur moi , avec ses griffes prĂ©historiques et ravageuses, dans le seul dessein de me crever les yeux . Car je les ferme les yeux,   sans prendre le temps d’observer en rĂ©alitĂ© l’envol du frĂȘle volatile qui a fui, plus apeurĂ© que moi.

Et bien oui,
on s’ tracasse
et on oublie
la bécasse.

Mais la nuit ne m’attend pas et tandis que je me dĂ©bats seule dans cette jungle fantasmagorique, trĂ©buchant dans l’obscuritĂ© qui me masque les imperfections du sol , le ciel s’empare peu Ă  peu des derniĂšres lueurs du jour. On ne distingue bientĂŽt plus que la silhouette gracile des arbres, ombres chinoises qui soulignent leur dessin dĂ©licat.

Et bien oui,
on traĂźnasse
et on oublie
que le temps passe 


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